Lorsqu’ Eri ouvrit les yeux, quelques notes de violon flottèrent au dessus de sa tête.
Le soleil était encore haut même si l’après-midi avait bien avancer.
Eri émergea d’un sommeil profond , et allonger sur une haute branche de l’immense chêne au milieu d’une clairière, elle se mit à écouter cette musique si mélancolique, si douce et si triste…
La jeune chinoise resta des heures durant ainsi à l’écouter, sans même chercher d’ou venait cette magnifique mélodie.
L’apaisement dans lequel l’avait plonger sa sieste commençait à s’envoler et la mélancolie se mit à la gagner, la musique l’enveloppait totalement, et tandis que les yeux clos, elle se laissait aller à la musique, une larme se mit à couler doucement le long de sa joue et tomba sur une feuille du chêne. La larme s'envola soudain et s'arreta à la hauteur du visage d'Eri. La jeune chinoise l'observa longtemps, sous tous ses angles, elle voyait le soleil percer au travers et la trouva tellement belle...
Quelques souvenirs lointains refaisaient surface, s’exposant à la lumière chaque seconde un peu plus.
Une petite fille qui courait dans le jardin, riant aux éclats tandis qu’une jeune femme lui courait après…
Puis une autre image : un père en larme, une pièce vide… Un claquement de portière et puis… le néant… Froid et mystérieux…
Les images de son enfance revenaient petit à petit, le visage oublier de sa mère masquait les uniques souvenirs qu’elle avait partager avec elle. Un visage inconnu et noir…
Eri resta longtemps ainsi, les yeux clos à écouter…
Et lorsque le crépuscule pointa à l’horizon…
La musique se fut plus lente, encore plus mélancolique et plus douce avant qu’elle ne s’éteigne…
Ses larmes avaient séchés comme par miracle, et sentant un poid s’enlever de son ventre en même temps que la musique cessait.
Eri descendit de l’arbre, lentement, puis sautant de la branche la plus basse, se retrouva nez à nez avec une jeune fille un peu plus jeune qu’Eri :
- C’était toi qui jouait ?